Franchement, tout le monde a cru à une blague. A 22 h 10, vendredi soir, le programmateur de Rock en Seine annonçait que le concert d’Oasis était annulé suite à une altercation entre les frères Gallagher dans les loges. Mais on s’attendait à ce qu’ils montent sur scène dans la foulée, rigolant de ce clin d’oeil un peu lourdaud à toutes leurs engueulades passées. Eh non, ce n’était pas une blague!
Dans l’après-midi, Liam et Noël s’étaient bien battus, une guitare aurait volé hors de la loge, Noël se serait évanoui dans la nature. La fin de tournée est annulée, Oasis n’existe officiellement plus. (Lire la suite…)
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Le Top 4 de Jérôme Hervé
1) Bill Callahan. Avec sa tête d’angelot ou de Ian Curtis aux cheveux gris, l’ancien Smog a assuré un concert de crooner neurasthénique et joué parmi les plus belles chansons entendues pendant ce festival.
2) The Kills. Comme dirait Jordi : « Allison, c’est ma copine à moi. » Même malade, elle assure le show , et fait oublier le bronzage peu nihiliste de son acolyte Jamie.
3) My Bloody Valentine. Du jusqu’au boutisme absurde. Juste pour l’expérience sensorielle. S’ils reviennent jouer en Bretagne, on achètera des actions des fabriquants de sonotones cotés au CAC 40 et on se fera une fortune.
4) A PlaceTo Bury Strangers. Rien de très original. S’ils se veulent le groupe jouant le plus fort à New York, c’est qu’ils ont dû louper Sightings, qui depuis 2003, privent New York d’électricité à chacune de leurs apparitions. Mais un petit côté attitude rock pas désagréable.
Le Bof
Grizzly Bear. Excellent concert, très belles mélodies. Ils ont changé, les Beach Boys. Le lifting est réussi, le T-shirt Mickey du batteur nous confirme qu’ils aiment toujours les activités de plage, mais la nostalgie, mais le copier-coller, même fait avec un incontestable talent, peut laisser froid.
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Le Top 4 de Philippe Richard
1) Grizzly Bear. Une réincarnation toute contemporaine des Beach Boys. Une maîtise musicale impressionnante, pour une musique à la fois complexe et accessible.
2) Bill Callahan. Une voix basse hors du temps. Une élégance de la musique comme de l’homme.
3) The Kills. C’éait le seul groupe, hormi MBV bien entendu, à ne pas avoir d’actualité discographique récente (Midnight Boom date de l’an dernier), mais le duo rock’n roll était, samedi, au sommet. Avec, surtout une Alison plus féline que jamais.
4) Peaches. Un cheap show trash, offensif et drôle, et de vraies chansons dedans.
Le Bof
My Bloody Valentine. Une puissance délirante des guitares, qui, techniquement, empêchait qu’on puisse entedre la moindre voix. Pourtant, on reste persuadé qu’un peu de chant audible aurait pu rendre l’expérience inoubliable.
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Sans les cordes, sans les choeurs, à quatre avec leurs petites mains et leurs voix suprêmement accordées, les Grizzly Bear ont prouvé, à la Route du rock, qu’ils sont bien les Beach Boys modernes de la côte Est. Pas forcément moins névrosés que leurs aînés, d’ailleurs. Chez eux, cela s’exprime dans les surgissements destrucurés qui viennent bousculer les fantastiques harmonies de cette musique subtile et solaire. Brian Wilson rêvait de symphonies de poche pour les kids, Grizzly Bear prolonge ce songe pour les plus grands. Leur albums Veckatimest est destiné à devenir un classique, les voir l’interpréter aussi magistralement sur scène, malgré des moyens plus limités tient du grand art. Petits moments anecdotiques mais significatifs à retenir: le blond bassiste qui enlève ses chaussures de pont pour ôter le sable qui le gène (peut-on être plus Beach Boy?) et cet ours en peluche tenu à bout de bras dans le public. La musique des Grizzly Bear peut sembler innocente, elle a les moyens de gravement affecter l’esprit de ses auditeurs. Attention, les Grizzly Bear sont dangereux.
Philippe Richard
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Le festival la Route du rock aussi. Programmer un garçon seul sur scène à 22 h passés le dernier soir du festival n’a rien d’évident. Mais Dominique A, pour la dernière de ses quelques dates solos avant une mégatournée en groupe à la rentrée, assure complètement l’affaire. Pas mal de nouveaux morceaux derrière son synthé, des classiques à la guitare, et une présence évidente qui lui permet ce genre d’exercice. Voici quand même un chanteur qui; il y a quelques années, a réussi à chanter a capella et entièrement nu sans se couvrir de ridicule. Respect.
Philippe Richard
Sage mèche poivre et sel, chemise blanche légèrement rosée, pantalon de costard… mais pieds nus. Impassible, élégant, mais quelle voix. Basse, droite, parfaitement texturée. Oui, il y a bien du Leonard Cohen chez l’ex-leader des Smog. (Lire la suite…)
On pouvait tout attendre de la Canadienne berlinoise, et on a tout eu, samedi soir. Des costumes franchement délirants, une coiffure digne des pires horreurs capillaires des années 1980, une claviériste-guitariste blonde en porte-jarretelles, un autre claviériste qui se transforme en Iggy Pop le temps d’un morceau, des provocations qu’on jugera, aux choix, bien vulgaires ou hilarantes, deux danseuses en bikini affublées d’une énoooorme perruque blonde…et un choix de morceaux qui laisse une bonne place à son excellent dernier album. Chaque morceau est soigneusement mis en scène, c’est un show, une performance, dans un esprit Madonna trash et fauché.
“Vous vouliez connaître Peaches, savez-vous maintenant qui est vraiment Peaches?” demande-t-elle à la fin du concert. Non, on ne sait toujours pas qui est la femme qui se cache derrière l’exubérant personnage. Mais ça n’a absolument aucune importance. On se félicite que la Route du rock ait de nouveau invité ce spectacle politiquement incorrect, violemment bariolé mais toujours plus profond qu’il n’en a l’air, si peu en accord avec l’orthodoxie pop et rock’n roll de bon goût du reste du festival.
Philippe Richard
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Même quand elle crache sur scène, Alison Mosshart a la classe. Atteinte d’une mauvaise crève? Rien ne lui va mieux. La voix de la chanteuse des Kills déraille juste quand il faut. Très consciemment, la jeune femme se tranforme en l’icône rock’n roll ultime, forcément sexy mais sans en jouer vraiment (pas la peine de forcer, il est vrai). Elegante même en tunique noire informe, dure, touchante, apparemment indomptable.Clairement, dans le duo (surtout depuis son album presque impromu avec les Dead Weather initiés par Jack White stripes White), sa cote de crédibilité atteint la stratosphère. Son comparse Jamie Hince, malgré tout le talent qu’il a, trop bronzé par ses vacances tropéziennes en compagnie de l’utime amoureuse de rockers Kate Moss, perd quelques points. Alison, mon gars, cette fille, elle est terrible (comme un Suisse). Le concert s’est terminé par le classique de Screamin’ Jay Hawkins, I put a spell on you (je te jette un sort). On était déjà envoutés.
Philippe Richard.
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Quatre garçons en chemise blanche et deux filles dont les robes pourraient avoir été taillées dans l’immédiat après-guerre, quand il fallait se battre pour des coupons de textile. Mais le pop-folk de Camera Obscura est délicieusement léger et lumineux, ludique et gentiment profond. Idéal à cette heure…Doux bonheur.
Philippe Richard
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Alison Mosshart et Jamie Hince, alias the Kills, ont interrompu leurs vacances pour le concert de la Route du rock, bien qu’Alison soit légèrement souffrante.
Lors d’un entretien réalisé cet après-midi, ils ont confirmé qu’ils travaillent à la suite de leur remarquable troisième album, Midnight Boom, sorti l’an dernier. Plusieurs chansons seraient écrites et ils doivent commencer des prises studio en octobre. Peu de chances, cependant, qu’on entende des inédits, ce soir, pour l’un des concerts les plus attendus du festival.
Philippe Richard
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Comment prendre la suite du fracas des My Bloody Valentine, vendredi soir? En tentant de faire encore plus de bruit. Et à trois, les A Place to Bury Strangers y parviennent presque. La guitare a un son de scie électrique, le rythmes pulsent lourdement… et on entend la voix bien grave du chanteur, ce qui est un plus incontestable.
Malgré un côté un rien systématique -on aurait aimé encore plus de morceaux atmosphériques pour jouer les contrastes – voilà un concert qui comptera dans le parcours (au moins français) des New Yorkais.
Philippe Richard
Fidèles à leur credo, les My Bloody Valentine ont joué fort, très fort. Son de guitare impressionnant et fait pour impressionner. Mais pourquoi n’ont-ils toujours pas appris à convenablement mixer les voix? Le chant de Kevin comme celuide Bilinda sont impitoyablement noyés dans le maëlstrom, alors qu’ils font partie intégrante et essentielle de l’équilibre des morceaux. Ceux qui connaissent convoquent leur mémoire, accompagnent le déluge de leurs souvenirs discographiques. Les autres sont submergés. Dommage, vraiment dommage. La présence des voix manquera toujours pour faire compètement exploser les concerts de My Bloody Valentine.
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My Bloody Valentine et bien entendu leur leader Kevin Shields ne donnent pas d’interviews sur la Route du rock. Mais voilà, je me retrouve backstage, dans les toilettes mobiles, aux côtés du monsieur. Je lui signale innocemment que j’ai beaucoup apprécié leur dernier concert en Bretagne. C”était quand? Heu, en 1992 (ok, cela ne rajeunit personne). S’ensuit dix minutes de discussion informelle d’où il ressort que:
oui, les MBV bossent bien sur un nouvel album, dans le studio personnel et londonien de Kevin. Et pas mal de voix sont déjà enregistrées.
Oui, ils s’y remettent dès la semaine prochaine, et ce disque fantasmatique, attendu, depuis quelque 17 ans a des chances de sortir un jour.
Il grogne parce qu’il n’a pas réussi à fléchir les organisateurs de la Route du rock sur la puissance sonore. Il faut vraiment que votre musique soit très très très très forte pour fonctionner. Oui, répond-il, c”est comme dans une discothèque, il faut que le son t’englobe, répond-t-il.
Non, ils ne jouent pas ces nouveaux morceaux sur scène. Ils doivent d’abord être aboutis.
Non, il ne se considère pas comme un maniaque perfectionniste.
Ok, pas de scoop, mais ça fait plaisir d’échanger quelques mots avec le monsieur, de façon très détendue et naturelle. Ma dernière inteview avec lui datait de 1992, lors du fameux concert à la Cité de Rennes, et je m’étais déjà dit qu’il était beaucoup moins renfermé et inaccessible qu’on le disait. Mais bon, dès qu’il a su que j’étais journaliste, il a tout de même rapidement mis fin à cet entretien informel…
Philippe Richard