Filed under: La Route du rock, Uncategorized | Tags: Grizzly Bear, Route du rock
Sans les cordes, sans les choeurs, à quatre avec leurs petites mains et leurs voix suprêmement accordées, les Grizzly Bear ont prouvé, à la Route du rock, qu’ils sont bien les Beach Boys modernes de la côte Est. Pas forcément moins névrosés que leurs aînés, d’ailleurs. Chez eux, cela s’exprime dans les surgissements destrucurés qui viennent bousculer les fantastiques harmonies de cette musique subtile et solaire. Brian Wilson rêvait de symphonies de poche pour les kids, Grizzly Bear prolonge ce songe pour les plus grands. Leur albums Veckatimest est destiné à devenir un classique, les voir l’interpréter aussi magistralement sur scène, malgré des moyens plus limités tient du grand art. Petits moments anecdotiques mais significatifs à retenir: le blond bassiste qui enlève ses chaussures de pont pour ôter le sable qui le gène (peut-on être plus Beach Boy?) et cet ours en peluche tenu à bout de bras dans le public. La musique des Grizzly Bear peut sembler innocente, elle a les moyens de gravement affecter l’esprit de ses auditeurs. Attention, les Grizzly Bear sont dangereux.
Philippe Richard
Sage mèche poivre et sel, chemise blanche légèrement rosée, pantalon de costard… mais pieds nus. Impassible, élégant, mais quelle voix. Basse, droite, parfaitement texturée. Oui, il y a bien du Leonard Cohen chez l’ex-leader des Smog. (Lire la suite…)
On pouvait tout attendre de la Canadienne berlinoise, et on a tout eu, samedi soir. Des costumes franchement délirants, une coiffure digne des pires horreurs capillaires des années 1980, une claviériste-guitariste blonde en porte-jarretelles, un autre claviériste qui se transforme en Iggy Pop le temps d’un morceau, des provocations qu’on jugera, aux choix, bien vulgaires ou hilarantes, deux danseuses en bikini affublées d’une énoooorme perruque blonde…et un choix de morceaux qui laisse une bonne place à son excellent dernier album. Chaque morceau est soigneusement mis en scène, c’est un show, une performance, dans un esprit Madonna trash et fauché.
“Vous vouliez connaître Peaches, savez-vous maintenant qui est vraiment Peaches?” demande-t-elle à la fin du concert. Non, on ne sait toujours pas qui est la femme qui se cache derrière l’exubérant personnage. Mais ça n’a absolument aucune importance. On se félicite que la Route du rock ait de nouveau invité ce spectacle politiquement incorrect, violemment bariolé mais toujours plus profond qu’il n’en a l’air, si peu en accord avec l’orthodoxie pop et rock’n roll de bon goût du reste du festival.
Philippe Richard